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2015

Porno
graphie

Démarche

« Couleurs saturées, zébras de peaux hâlées, postiches absurdes, on pourrait se rapprocher de l’imagerie des films pornographiques des années soixante-dix, à ceci prêt que certains codes ont été omis. Dans un coït imaginaire, on recherche le corps d’un autre, son empreinte ou plutôt la quinconce de deux corps tel qu’habituellement il nous est présenté. »
Voyeurisme d’une pornographie qui n’aura pas été écrite, une mise en abîme où les regards s’abandonnent et se perdent entre les lignes ; ce que les interstices dévoilent, c’est la révélation de ce qu’il est habituellement interdit de voir : le processus de création. Sur l’autel de l’érotisme, en marge du théâtre pornographique, les séquences de coït ont été sacrifiées, abandonnées, cachées. Il ne reste que le hors-champ, une brèche dans le temps, brève et accidentelle.
Nous participons en tant que spectateur à un moment inconfortable, capturé au hasard, extrait d’un journal intime d’une actrice ou d’un modèle exhibé au moment de sa pause, après son entrée en scène ou avant de reprendre la pose. Une intimité exhibée de façon crue, à mi-chemin entre l’art et la vie, qui pourrait aisément nous rappeler l’approche érotique des photographes asiatiques Araki ou Ren Hang.
"Pornographie" cherche à répondre à un paradigme. Au lisse, au net du premier regard, répondent en creux les aspérités, l’oeil photographique comme oeil révélateur de cette matière première fondamentale (le sale, l’imprésentable), que la culture a pour fonction de cacher, d’occulter (« Malaise dans la civilisation » de Sigmound Freud). La culture sert à ne pas voir une part de la chair qui n’est pas mise en scène, qui est gênante. « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or » disait Baudelaire.

Xavier Perez

Pornography

“Saturated colors, zebra-striped tanned skins, absurd hairpieces, one is approaching the imagery of pornographic films of the seventies, except for certain codes that have been omitted. In imaginary coitus, one searches for the body of an other, its imprint or rather the quincunx of two bodies as is usually presented to us.” Voyeurism of a pornography which has not been written, a mise en abyme where the gazes are abandoned and lost between the lines; what the interstices expose is the revelation of what it is usually forbidden to see: the process of creation. On the altar of eroticism, on the margins of pornographic theatre, the coitus sequences have been sacrificed, abandoned, hidden. There remains only the off-camera, a breach in time, quick and accidental. We participate as a spectator at an uncomfortable moment, captured at random, extracted from the diary of an actress or from a model seen during her break, after entering the scene or before resuming the pose. An intimacy exhibited in the raw, halfway between art and life, which could easily remind us of the erotic approach of Asian photographers Araki or Ren Hang. Pornography seeks to respond to a paradigm. At first look all is smooth, devoid of roughness, with the photographic eye as the eye that reveals this basic raw material (the dirty, the unpresentable), which culture has the function of hiding, of obscuring (as in Freud’s “Civilization and its Discontents”). Culture serves to not see a part of the flesh that is unexposed, that is embarrassing. “You gave me your mud and I made it into gold,” said Baudelaire.

Translation by Carolyne Lee

Technique - Dimension

Photographie Studio
Tirage photo
45x60

Exposition - publication

Dans le cadre d'animality :

Kalinka - Toulouse
2015

JJV Atelier/Galerie - Revel
2016