Patientez ... j'arrive !

A propos/Approach

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Nu, vêtu, courbé, transformé... Nathalie De Zan manipule le corps dans des mises en scènes surréalistes"

Née à Toulouse, Nathalie De Zan est artiste auteure multimédias depuis 8 ans. Même si son domaine de prédilection est la photographie, elle utilise toutes sortes de médiums dans son processus créatif afin d’arriver à ses fins esthétiques : vidéo, graphisme, musique, scénographie, création de vêtement, origami … Elle travaille essentiellement sur le corps lié à l’espace et à l’intime dans des situations provocatrices et oniriques. Le corps est pour elle une façon d'élaborer des analogies entre processus artistique et physique. Le but est d’interroger le statut du corps face aux diverses pressions de notre monde moderne. Elle crée des chimères syncrétiques à l’aide de métaphores, et de symboles qu'elle questionne en permanence.

C’est de l’art dont il s’agit

C’est de l’art dont il s’agit, et c’est écrit sur toutes les rotondes du monde, gravés dans le marbre : Sculpture, Peinture, Gravure et Architecture, avec Nathalie De Zan et il y a maintenant le Corps Pur. Pureté d’un instant figé, un temps ligoté par des cordes de soie invisibles, attaché à des chaînes de velours inapparentes et évanouies. Un bondage indécelable et insaisissable, sans amarrage, ni châtiment, au bolduc invraisemblable. Un bondage sans visage qui s’assure et s’assume et libère le corps. En cachant le museau dont la physionomie troublante orienterait nos regards, on distingue nettement une pendaison érotique, un geste nu et avouable, où toutes les courbures s’élancent dans un espace aux lueurs mystérieuses.
Un corps ardant de toute beauté, distingué, fastueux et flamboyant, il invoque les déesses païennes et le genre de l’être humain le plus majestueux : la femme. Un corps ni retouché ni modifié dans son essence, seule une caresse numérique s’effleure avec le grain photographique, car il s’agit bien là aussi de photographie. Le cadrage et le support papier deviennent un hymne au caractère mystérieux de la féminité. D’indécelables figures gymnastiques et géométriques, s’équilibrent dans une danse vivante et se stabilisent et semblent se reposer. Sous cet anonymat voulu, on y dévoile tout du corps, une idole, une masse légère dont les contraintes de la gravité initient les problématiques du socle au jamais disparu. C’est une symphonie magistrale figée et fugace, la 10ème de Beethoven jamais écrite, jamais composée seulement ici devant nos yeux. On y voit alors et on écoute ce corps comblé qui s’assouvit et s’abreuve de plaisir interdit.
Seul un feu capillaire oscille sur les tirages et excite nos pupilles, une flamme rugissante, une chevelure incandescente. Cette crinière nébuleuse est‐elle celle de Red Hair ? Figure emblématique et héroïne imaginaire, la fidèle combattante au côté de Storm. C’est une tempête aux jambes d’ivoires, aux muscles tendus et reposés comme ceux de Barbarella effeuillée. Une guerrière épanouie qui semblent s’extasier en amazone romanesque. Marqués au fer rouge, nos rêves les plus inavouables s’essoufflent devant l’exhibition de la toison évanouie, nuls crins désespérés, c’est un hymne à la joie, désenchaîné...
Cette mise à nu éclatante sous une lumière irradiante transmute le corps en un portait éblouissant et étincelle le corpus à l’identité effacée. Il nous révèle ainsi le secret de l’anatomie féminine. Un instant photographique au mouvement amoureux, de la chair assemblée, une peau évanescente nous projettent face à un érotisme déroutant, juste une illusion fatale aux couleurs légères grâce aux filtres électroniques et émane ainsi un éclairage rétro-passé. Filtres photographiques ou d’amour, ils nous séduisent, nous courtisent, nous envoûtent. Un filtre Cokin, coquin, expose un rituel érotique dont les vibrations sont autant d’électrochocs et brûlent notre épiderme. On y retrouve aussi une étrangeté Lynchéenne, cinématographique, encore cet instant figé semble trembler d’émotions et de mystère. Fantasques et habiles, les chaînes et les cordes disparaissent et ce sont nos désirs, nos fantasmes, nos envies qui attachent, accordent, cordent, ligotent, serrent pour conquérir et séduire ce corps inébranlable. Ce corps stupéfait qui ondule et se balance entre terre et air entre air et mer.
Une lévitation savoureuse sacrifie et exalte le corps, en le martelant sous l’éloge personnifiée d’Idoles oubliées. Nathalie De Zan, telle la déesse étrusque Thesan associe la fertilité fantasmée et la sexualité vagabonde comme une chasseresse d’animaux sauvages et invisibles. Une nature exacerbée où la virginité n’est pas de mise. Aphrodite s’accouple avec Perséphone et enfantent d'une végétation et d'une nature aux sens les plus charnels. Il y a de la magie dans ces corps suspendus ou plutôt pendus à une potence immatérielle, au bourreau insaisissable.
Ce corps, du moins cet Idole comme Bastet, déesse‐chat ou Hathor, personnifient les principes de l’amour et s’échouent sur une plage au sable lisse auprès de Sothis fertilisant les sols. Assemblage d’organes, de substance d’anatomie, l’Eloge du bonheur féminin, fantasme du soi attaché soumis aux humeurs de l’esprit malin masculin et féminin. Un corps bousculé et manipulé sous les ordres d’un chorégraphe pervers invisible. Il fait émerger nos interrogations les plus insondables et engendre des doutes permanents. Formes unifiées, malaxées vers l’abstraction corporelle et fluide et jouissant d’une nudité ecclésiastique. Eloge du bonheur féminin, telle une statuette antique, Poétesse et sorcière aux arcs‐en‐ciel abondants, cette idole supprime la chasteté, elle devient un totem, un trophée.
La pause muette du cliché soumet le modèle tel une esclave libérée devant un spectateur au regard maître, c'est un amant dominateur, cet amphitryon philosophe. Aucune possibilité de toucher ou de caresser ce corps pendu à une potence imaginaire. Prennent‐ils du plaisir ? Dominés par l’action, qui asservit et dompte ? Qui est l’esclave ? La réponse est certainement dans la lucarne et la vision est où résonne la luxure du sculpteur, du peintre, du graveur et de l’architecte. Corps pur aux prunelles attentionnées et troublées, elle est une statue irrécusable, une cariatide aux péchés fastueux et vifs, un nouvelle allégorie de la liberté, même pendue soit-elle… elle triomphe.


Sid Poliakov


“⎔ SAY CHEEEESE ⎔
Nude, clothed, curved, transformed… Nathalie De Zan manipulates the body in surrealist mises en scenes”.

Born in Toulouse, Nathalie De Zan has been a multimedia artist for eight years. Although her preferred medium is photography, for achieving her aesthetic ends she uses all manner of media in her creative process: video, graphic design, music, scenography, clothing, origami… She works essentially on the bodily links to space and to intimacy in provocative and dreamlike settings. For her the body is a way of elaborating analogies between artistic and physical processes. The aim is to question the status of the body in the face of diverse pressures of our modern world. She creates syncretic chimera aided by metaphor, and by symbols that she is constantly questioning.


There is art

There is art, inscribed on all the domes of the world, engraved in marble: Sculpture, Painting, Engraving and Architecture; and now with Nathalie De Zan there is the Pure Body. Purity of a frozen moment, a moment bound by invisible silk ropes, tied to disappearing and unnoticeable velvet chains. An undetectable and elusive bondage by way of the quixotic curling ribbon, unmoored and unpunishable, A faceless bondage that ensures and assumes and liberates the body. By hiding the face whose disturbing countenance would direct our eyes, we clearly distinguish an erotic suspension, a naked and avowable gesture, in which all the curves spring into a space with mysterious radiance. An impassioned body of great beauty, glorious, sumptuous and flamboyant, it evokes the pagan goddesses and that most majestic human being: woman. A body neither altered nor adjusted in its essence, a lone digital caress that brushes the photographic grain, for it is also photography. The framing and mounting become a hymn to the mysterious character of femininity. Undetectable gymnastic and geometric figures balance themselves in a living dance, stabilizing then seeming to rest. Under this anonymity, one reveals all of the body, an idol, an airy corpus whose constraints of gravity beget the problematics of the pedestal that never disappears.

It is a masterly and fleeting symphony, Beethoven’s tenth that was never written, never composed except here before our eyes. Here one sees and listens to this fulfilled body which satisfies and nourishes itself with forbidden Pleasure. A lone vein of light oscillates over the prints and excites our eyes, a roaring flame, incandescent hair. This nebulous main, does it belong to Red Hair, that emblematic and imaginary heroine, the faithful fighter at Storm’s side? A tempest with ivory legs, muscles tensed and rested like those of a stripped Barbarella. An accomplished warrior, she seems to be in a state of bliss befitting a romantic amazon. Our most stigmatised, disavowed dreams falter in front of the exhibition of the vertiginous pelt, with not one stray hair, a hymn to joy, to abandonment. This striking self-exposure under a blaze of light transmutes the body into a dazzling portrait and makes the corpus sparkle in its erased identity. The secret of feminine anatomy is thus revealed to us. A photographic moment of amorous movement, of assembled flesh and evanescent skin push us to face a confusing eroticism, a true fatal illusion of pale colours that by means of electronic filters create a faded retro perspective. Whether the filters are photographic or amorous, they seduce us, woo us, bewitch us. A mischievous Cokin filter exposes an erotic ritual whose vibrations are as much electroconvulsive as scorching our skin. There is also a Lynchesque cinematographic strangeness, again this frozen moment that seems to tremble with mystery and emotion. Whimsical and nimble, the chains and the strings disappear and it is our desires, our cravings, our fantasies that fasten, attune, tie up, bind, tighten, for conquering and seducing this steadfast body. This astounding body that undulates and sways between earth and air, between air and sea. A delightful levitation sacrifices and exalts the body, pounding it with the personified praise of forgotten idols. As the Etruscan Goddess Thesan, Nathalie de Zan fuses fantasized fertility and an unrestained sexuality like a huntress of invisible wild animals. In such an unrestrained nature, virginity has no place. Aphrodite mates with Persephone and gives birth to a vegetative nature with the most carnal senses. There is magic in these bodies that are suspended, or rather hung, on intangible gallows, by an elusive executioner. This body, at least in the forms of the idol of Bastet, the cat goddess, or Hathor, symbolizes the principles of love, running aground on a beach of smooth sand near Sothis, fertilizing the soil. An assemblage of organs, of anatomic substance, the praise of feminine happiness, a fantasy of the attached self, is subjected to the moods of the evil spirit, masculine and feminine. A body moved and manipulated by order of an invisible and perverse choreographer, raising our most unfathomable questions, our most enduring doubts. Unified forms, mixed with corporeal and fluid abstraction, taking pleasure in an ecclesiastical nudity. In praise of feminine happiness, like an ancient statuette, Poetess and witch of a thousand rainbows, this idol eliminates chastity and becomes a totem, a trophy.

The silent pause of the photograph subjugates the model as a liberated slave before a viewer with the master’s gaze, this dominating lover, this Amphitryon philosopher. No possibility of touching or caressing this body suspended from an imaginary gallows. Is it pleasurable? Dominated by action, who enslaves and who subjugates? Who is the slave? The answer is certainly in the top corner vision where the lust of the sculptor, painter, engraver and architect resonates. The pure body with pupils both thoughtful and troubled, it is an indisputable statue, a caryatid of spirited and sumptuous sins, a new allegory of freedom, even though she is suspended… she triumphs.

Sid Poliakov

Translation by Carolyne Lee